DO YOU SPEAK LOVE ?

Je suis en plein conflit avec mon cher et tortionnaire. J’aimerai lui faire passer le message sans ressembler à une poulette écervelée qui caquette. Eviter un langage hystérico-émotionnel qui non seulement ne franchira pas la porte fermée de sa caverne cérébrale mais en plus qui aura le don de l’exaspérer.
J’ai cherché dans les livres comment lui dire qu’il était parfois un pur produit de « couillonade » labellisée. Lui dire, avec amour et sans le rabaisser qu’il m’avait blessée. M’exprimer sans tomber dans le cynisme, sans user d’un son aigu de maitresse d’école sur-énervée.
J’ai donc appris qu’il existe aux Etats-Unis un laboratoire de l’amour, le « Love Lab » où sont observés des couples qui acceptent de parler de leur sujet de désaccord sous la surveillance d’une batterie d’instruments ; des caméras permettent de filmer le moindre geste, la moindre grimace et des capteurs d’enregistrer les changements du rythme cardiaque et de la tension artérielle.
Leur grande découverte : il n’existe pas de relation durable sans conflit chronique. L’absence de désaccord est plutôt le signe de distance émotionnelle qui nuit à toute relation véritable ; ça m’a soulagée et rassurée.
Les décryptages des situations conflictuelles et des comportements sont très parlants. Les observations ont montré l’impact de la distance émotionnelle, émise par les êtres qui nous sont les plus proches, sur le rythme cardiaque et la tension artérielle et la faculté à raisonner rationnellement : une fois « noyés émotionnellement », on ne peut plus s’exprimer qu’en termes « d’attaque et de défense », incapables de trouver une issue au problème ou une réponse adaptée qui apaiserait la situation.
Parce que, sans s’en rendre compte, nous n’utilisons pas forcément les bons outils pour communiquer. Lors d’un échange à chaud nous avons tendance à critiquer plutôt que de présenter simplement le problème, ensuite à mépriser ou à utiliser le sarcasme dont on se délecte souvent intellectuellement, puis l’autre répond par l’attaque ou la contre attaque ou pire le retrait, la distance (physique ou non) qui au lieu de mettre fin au conflit l’exacerbe encore plus, jusqu’à pousser parfois l’autre à la violence physique. Aïe !!!!!
Ce qui veut dire qu’à chaque fois que je lui dis « tu ne fais jamais rien, j’en ai marre de ranger à ta place« je le critiquais. Et quand il me répond à côté « tu es ridicule » il me méprisait. Et c’est comme ça que se sentant menacés on finit par se murer dans le silence. Je déteste quand il fait preuve de calme « apparent ». Alors que je bouillonne, il attend que ma colère s’évapore… Finalement il se met en retrait et il attend ça se passe alors que j’essayais vainement, et certainement maladroitement, d’exprimer mes sentiments. Et c’est l’incompréhension qui s’installe, la rancœur qui s’immisce … le terrain glissant destination finale !
Mais si l’on veut sortir de ce cercle vicieux qui mène le couple à sa perte, il existe des moyens de reprogrammer notre communication et d’apprendre à tout dire sans violence. La méthode la plus connue est celle du psychologue M. Rosenberg « la communication non violente » où le jugement est remplacé par une analyse objective et où l’on se concentre sur son propre ressenti plutôt que d’attaquer l’autre et lui attribuer des défauts ou toute velléité malsaine. Et finir, par faire part à l’autre de l’espoir partagé mais déçu. en 3 points c’est :
- Apprendre à ne plus juger, car le jugement nous ferme à l’autre et annule tout espoir de l’influencer – dans le sens de le toucher et non de le manipuler- !
- Ecouter avec le cœur, être attentif aux besoins d’autrui, comprendre son émotion et la partager… mais sans forcément y répondre systématiquement car cela ne se prête pas à toutes les situations.
- Demander à l’autre ce que l’on peut faire pour améliorer la situation, faire de son mieux… lui être utile.
Mais comme « charité bien ordonnée, commence par soi même… » il faut avouer que bien écouter son conjoint et répondre à ses attentes est la phase ultime du développement personnel. En d’autres termes, nous ne pouvons pas aimer sincèrement et sainement l’autre si l’on ne s’aime pas soi-même. On ne peut pas apporter aux autres si l’on ne se réalise pas complètement soi-même. En même temps, on se construit en contact avec l’autre, on se réconcilie avec soi quand on se sent important pour quelqu’un. Il est donc souhaitable, même nécessaire de faire les deux car l’un entraîne l’autre dans une spirale vertueuse.
Cette méthode s’appliquant à toute forme de relation, je me dis que finalement le Prozac peut être remplacé par une grosse dose d’amour désintéressé, de relations équilibrées, d’émotions bien gérées et de mots « doux » On peut rêver mais aussi agir chacun à son niveau et au quotidien comme s’il s’agissait d’un programme « d’hygiène affective ».
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